Les étapes par lesquelles une femme passe

La mastectomie est presque toujours un moment extrêmement douloureux pour une femme. « Presque », car certaines n’attachent pas grande importance à leur sein et montrent même de l’impatience à se faire retirer ce « mauvais » objet.

Mais la plupart vivent cet événement comme une « mutilation », une attaque contre l’image corporelle, l’intégrité physique, la féminité, la capacité de séduction. Plusieurs émotions se mélangent : la honte, la tristesse, la colère, la peur, le dégoût, etc. On se cache derrière ses vêtements, on ne se regarde plus, on ne se touche plus, on ne se montre plus.

La reconstruction mammaire peut apporter une solution au mal-être engendré par cette « mutilation ». Encore faut-il y être prête, encore faut-il la désirer vraiment et pour soi-même, encore faut-il être bien informée sur les différentes techniques, les avantages et les inconvénients de chacune d’elles.

Dans tous les cas de figure, il y a un deuil à faire. Le deuil du sein initial, avec ses cinq étapes plus ou moins incontournables.

Choc et déni

A l’annonce de la mastectomie, il peut y avoir une phase où l’on est submergée (plus brutale encore lorsqu’on ne s’y attendait pas) qui laisse en état de sidération.
Puis, survient le déni. Réaction temporairement salvatrice à une douleur insurmontable, le déni est la négation de faits réels mais impossibles à intégrer. On croit à une illusion, un cauchemar, et on se refuse de considérer l’information qui est donnée.

Colère

Avec la prise de conscience de la réalité survient la phase de colère, la révolte contre ce qui est ressenti comme une injustice. On essaye souvent de trouver un responsable, une cause. C’est une étape extrêmement douloureuse et délicate à traverser, où s’expriment de fortes contradictions internes : accusations, sentiment de culpabilité, d’injustice…

Négociation

Frustrée, on tente irrationnellement de « marchander » cette perte (« il y a certainement une autre solution », « je suis sûre que l’on peut faire autrement »,  « Est-ce que vous avez bien réfléchi à toutes les autres possibilités de traitements ? », etc…) 

Dépression et douleur

En venant à reconnaître que la perte a bien eu lieu, confrontée à l’irréversibilité des choses, il peut y avoir un risque d’entrer dans une phase plus ou moins longue de dépression, auquel cas il ne faut pas hésiter à consulter un(e) onco- psychologue. 

Acceptation

Survient enfin un moment où l’on trouve les ressources pour se reconstruire. La réalité est intégrée. On comprend qu’on peut vivre en n’étant plus la même.

C’est peut-être au cours de cette dernière étape que vient la réflexion sur une éventuelle reconstruction.  

Ce contenu a été rédigé par Catherine Adler-Tal, onco-psychologue et sexologue

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