Rester amazone

Rester Amazone est aussi un choix de première intention suite à une ablation du sein. Mais, de nombreux témoignages de femmes réunies en associations prouvent que cette volonté de rester ‘asymétrique’ est aujourd’hui mieux assumée et de plus en plus revendiquée. Volonté accompagnée par une société qui évolue en ce sens, qui accueille et propose des solutions aux femmes qui acceptent leur asymétrie sans chercher à la camoufler. Rester amazone est l’aboutissement d’une reconstruction psychique puisque ce choix, qui peut demander du temps, résulte d’une ‘auto-adoption’ : celle d’une silhouette que la femme reconnaît comme la sienne.

L’ablation, une rencontre avec soi

Vous ferez-vous reconstruire ? Quelle option retenir ? Vous avez du mal à répondre à ces questions dès l’annonce d’une mastectomie prochaine ? Rien de plus normal. Comment s’imposer un avis "définitif" sur la base d’une situation dont on ne maîtrise pas encore les contours ?

Même si vous vous êtes documentée et faite à l’idée, il vous est difficile d’imaginer ce que sera votre réaction à la découverte de ce sein absent et de la cicatrice qui le remplace. Rien ne peut en effet remplacer votre regard.

Ce moment de la découverte vous appartient : il peut être vécu avec l’infirmière au moment de changer le pansement, seule à l’hôpital ou de retour chez vous dans votre intimité ou encore en compagnie de votre conjoint, une amie ou de toute autre personne de confiance de votre choix. Ce face à face avec vous-même est inattendu : finalement rassurant pour certaines, bouleversant pour d’autres.

« Quand je me suis réveillée, j’ai ressenti un tel soulagement d’être débarrassée de mon ennemi, que j’ai regardé le pansement et l’absence de mon sein avec un grand sourire. »

Dominique - 53 ans

« Ce que j’ai découvert dans la glace m’a profondément émue. C’était étrange, pas monstrueux, et surtout je me suis spontanément écriée : « C’est moi quand j’avais 6 ans ! »

Cécile - 60 ans

Amazone : du mythe à la réalité

Il est un choix, rarement évoqué parce qu’il s’impose parfois par défaut, qui est de rester amazone et d’apprivoiser sa silhouette en masquant, ou non, l’absence du sein par le port d’une prothèse externe ou un tatouage artistique. Entre l’idée que l’on s’en fait et la réalité, il existe un chemin qui mène vers le statut d’amazone, absolument personnel, et rarement linéaire.

Vous pouvez avoir refusé la reconstruction immédiate qui vous a été proposée et faire le choix d’une reconstruction ultérieure mûrie à la lumière de l’expérience.

« Il s’agit de notre corps et de notre esprit, qui d’autre que nous-même peut sentir ce qui nous ira vraiment ? »

Yiell – 40 ans

« Ce que je défends c’est la liberté et le droit absolu de toute femme de choisir, sans mauvaise conscience, de faire ou non une démarche tout comme de se faire ou non « reconstruire. »

Florence

Cette décision de ne pas se faire reconstruire peut également être motivée par des raisons financières. Même suite à des revalorisations, une reconstruction coûte cher et sa prise en charge dépend :

  • du statut public ou privé de l’endroit où vous vous faites opérer,
  • de "l’option de pratique tarifaire maîtrisée" signée ou non par votre chirurgien avec l’assurance maladie. Le reste à charge est en effet de « zéro » pour une intervention effectuée dans un centre de lutte contre le cancer ou dans un hôpital public où les praticiens ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires. Malheureusement, en fonction des centres, les délais peuvent être parfois très longs.

Suite à votre mastectomie, vous pouvez aussi refuser de subir de nouvelles interventions, trouver votre équilibre au fil du temps et aimer votre nouvelle silhouette.

« Au bout d’un an, je n’ai toujours rien fait. Au départ, parce que je ne voulais plus qu’un bistouri m’approche, même avec les meilleures intentions du monde. Puis, à ma grande surprise, parce que  je me suis habituée à ce nouveau corps qui est maintenant le mien (…). J’ai choisi d’être belle sans souffrir »

Isabelle - 49 ans

Enfin, vous pouvez avoir fait un premier choix de reconstruction chirurgicale qui pour des raisons médicales ou esthétiques ne vous convient pas.

« Oui, j’ai fait la reconstruction pour de mauvaises raisons. Mais peut-être fallait-il que j’en passe par là »

Fabienne – 45 ans

Aussi difficile soit-elle, cette décision de rester amazone peut être ressentie par vous comme "vivre avec soi" et non pas "vivre avec moins".

« Aujourd’hui, à 32 ans, je suis fière de cette différence (…) je me vois comme une guerrière ! Je porte une prothèse externe « pour ne pas choquer la société », et je rêve de pouvoir sortir telle que je suis, de faire du mono sur la plage… »

Carole - 32 ans

Une rencontre avec la société

Être une amazone peut se revendiquer plus haut et plus fort aujourd'hui. La parole se libère progressivement et des associations dédiées se constituent. Certaines patientes, ou proches de patientes, se font porte-parole ou transforment leur expérience en entreprenariat, proposant des services, des lignes de vêtements et de lingerie adaptés.

En Europe, dans un contexte socio-politique où la lutte contre les stéréotypes féminins s’organise, le mouvement dépasse la sphère intime des patientes. Outre le fait que de grandes enseignes de la mode s'emparent de cet état de fait et élargissent leur offre aux profils amazones, la société au sens large du terme s’ouvre doucement mais sûrement aux femmes qui ont fait ce choix. C’est à la fois une communauté qui s’exprime et chaque femme en particulier, en assumant, en exposant une asymétrie qui fait désormais partie de leur vie.

« Je vais travailler sans prothèse et je me suis rendue compte qu’avec de l’humour et une bonne dose de recul, tout passe très bien pour ce qui est de dire aux collègues masculins que j’ai affronté une mastectomie. Je suis fière d’avoir gagné leur respect. C’est très gratifiant. Ça prouve aussi que le regard des gens change. »

Dominique - 53 ans

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